Depuis quatre siècles, le tambour Ka accompagne les soirées lewoz, mais aussi les revendications des antillais. Qui pouvait rendre meilleur hommage à cette musique traditionnelle que les deux artistes Casey et Sonny Troupé ? Entre jazz, gwoka et hip hop, Sonny Troupé et Casey font le pont entre Guadeloupe et Martinique.

Le gwoka est né pendant l’esclavage aux Antilles et tire ses origines de la musique africaine chantée et jouée par les esclaves des anciennes plantations.

Elle, fille de Martiniquais née et élevée en France a choisi le rap pour s’approprier sa culture antillaise et dénoncer les maux de sa génération. Lui est percussionniste et le tambour Ka a été son premier instrument. Il le confronte désormais avec d’autres styles tels que la soul, l’électro ou la jungle. Avec Célia Wa, flûtiste et chanteuse guadeloupéenne engagée, artiste remarquée de la nouvelle génération « soul & ka » et leader de projets dans lesquels elle exergue les maux de notre société, ils forment ExpéKa Trio, où chacun se retrouve dans cette zone grise où tout est possible.

Casey

La verve contestataire de Casey rencontre le grand public dès 1997. Le désormais classique Tragédie d’une trajectoire (2006) lui donne accès à la reconnaissance médiatique. En 2010, après la réussite de sa greffe au projet L’Angle Mort du groupe de rock Zone Libre, Casey sort son 2ème album, Libérez La Bête, qui confirme son intransigeance et son exigence. Avec un franc-parler et une aisance littéraire de tribun, Casey déploie une radicalité de propos rarement entendue. On retient le poignant Chez Moi où elle relate avec affection et colère la passion que lui inspire la Martinique, son île originelle meurtrie par les conséquences indélébiles de l’esclavagisme.

Célia Wa

Née à Paris, Célia Wa part vivre en Guadeloupe à l’âge de 6 ans. Élève assidue du célèbre Atelier Marcel Lollia dit Vélo, fondé par Mr Georges Troupé, elle apprivoise par la suite la musicalité de la flûte traversière ! A 12 ans, elle intègre le big band guadeloupéen « Kimbol» dans lequel elle apprend l’art de jouer ensemble à travers le Gwo ka, la biguine, et les airs de jazz. De retour à Paris, elle est happée par la culture Hip-hop, particulièrement par la danse ; en contact avec Ken Wong des « Soulsearchers », elle rejoint la compagnie Deepside et participera même à la célèbre comédie musicale Kirikou. Déterminée à se former, elle intègre la très réputée « American School of Modern Music » de Paris, aujourd’hui IMEP Paris. Suivent alors, des collaborations avec des artistes underground de la scène parisienne et caribéenne tels David Walters, Casey, Franck Nicolas, Erik Pedurand, Freepon, Tricia Evy, G’Ny, Lisa Spada, Nickylars, Corinne Pierre fanfan, Nbee ou Blackunit… En 2012, elle monte le « Wa Electro Quartet » qui joue essentiellement ses compositions. Le Célia Wa’s Project est une rencontre entre l’électro et l’acoustique autour de compositions originales teintées d’influences, hip hop, jazz, reggae, gwo ka.

ExpéKa existe aussi en sextet avec Olivier Juste (ka, percussions) • Stéphane Castry (basse) • Didier Davidas (claviers).

Contact : Association Aparté (https://a-parte.fr/)